7 juillet 2010
La lutte pour chercher constamment à dénicher les meilleurs fournisseurs est sans contredit une démarche ardue. Or, l’actuelle récession aura eu pour effet de modifier, dans bien des cas, la liste des fournisseurs en cours ou potentiels des entreprises.
Comment donc un approvisionneur peut-il s’assurer qu’il fait affaire avec les fournisseurs les plus performants et qui l’aideront à offrir sans cesse de la valeur ajoutée à ses clients ? Certes, celui-ci pourra toujours se fier en partie aux dires du représentant de son fournisseur pour obtenir de l’information. Par contre, rien de mieux qu’une bonne vieille visite pour valider soi-même l’efficience d’un fournisseur.
Même si l’on peut penser qu’effectuer une visite d’un fournisseur peut constituer une perte de temps, il faut admettre qu’une telle visite est sans doute le meilleur moyen pour en apprendre sur l’efficacité opérationnelle de son fournisseur, ses coûts, ses efforts au niveau de la qualité, et sa culture d’entreprise au niveau du service.
Exigez le bon guide
Il sera préférable d’avoir un responsable des opérations pour conduire la visite d’usine. Ainsi, une telle personne sera toujours mieux positionnée pour répondre à vos questions pointues que pourrait le faire un représentant, qui est souvent moins aguerri au niveau des opérations manufacturières.
Débutez par l’aire de réception des marchandises
Commencez toujours par le quai de réception en suivant le cycle logique de la chaîne des opérations pour terminer au quai d’expédition. Vous vous souviendrez davantage d’informations en voyant les opérations dans leur séquence logique.
Vous pourrez également en apprendre beaucoup au quai de réception, si vous savez sur quoi porter attention. Par exemple, un inventaire peu élevé de matières premières révélera qu’il s’agit d’un manufacturier en mode «juste-à-temps», ce qui peut s’avérer une combinaison idéale avec votre entreprise, dans la mesure où vous êtes capable d’anticiper raisonnablement vos besoins, de façon à ce que votre fournisseur soit aussi capable de s’approvisionner dans des délais acceptables. De cette façon, un tel fournisseur est en mesure de fabriquer ce dont vous avez besoin sans sacrifier trop d’espace et de capital dans des inventaires non-productifs.
Or, dans le cas où vos besoins sont difficilement prévisibles, un inventaire minimal de matières premières peut s’avérer pertinent pour favoriser des expéditions à l’intérieur de courts délais, surtout si le fournisseur en question ne conserve pas d’inventaire de produits finis de vos articles.
Serrez quelques mains
Faites en sorte de vous arrêter à certains postes de travail et de discuter avec les opérateurs au fur et à mesure que vous parcourez le plancher de production. Vous apprendrez beaucoup en observant et en écoutant. Est-ce que les espaces de travail sont bien aménagées et sécuritaires ? Y a-t-il d’importantes piles de produits défectueux ou rejetés ?
Par ailleurs, est ce que les opérateurs semblent réellement dévoués dans leur travail ou semblent seulement appuyer sur des boutons ? Un opérateur dévoué sera heureux de vous expliquer ses fonctions. De plus, un opérateur dévoué sera généralement un opérateur compétent et une telle compétence est aujourd’hui vitale pour manufacturer des produits à valeur ajoutée de façon constante et au meilleur coût.
Localisez les tableaux d’indicateurs de performance des procédés et demandez aux opérateurs de vous expliquer ces indicateurs et la façon dont ils sont utilisés pour contrôler le procédé. Demandez-leur également quelle est la taille habituelle des lots de production, combien de temps durent les «set-up» (mise en route) de production, les causes habituelles des rejets, leurs plus gros défis au niveau des opérations, etc.? Expliquez-leur à votre tour ce que votre entreprise fait avec leurs produits et remerciez-les pour leur contribution.
Prenez des notes mentalement
Tout en observant et en posant des questions lors de la visite, il serait bénéfique de noter mentalement certains éléments concernant la structure de coûts de votre fournisseur. Cela pourra vous être utile éventuellement afin d’effectuer du «benchmarking» vis-à-vis la concurrence. Combien semble-t-il y avoir d’employés de bureau (main-d’œuvre indirecte) ? Combien semble-t’il y a avoir d’employés affectés directement à la production (main-d’oeuvre directe) ? Combien de quarts de travail sont en opération ? Combien de pieds carrés sont dédiés à la production par rapport à la surface totale ? Quelle est la production totale de cette usine sur une base x (en $ ou en unités) ?
Comme vous pouvez le constater, il existe de nombreuses façons de sonder les capacités de vos fournisseurs. Le sujet vous intéresse et vous aimeriez obtenir d'autres informations inédites? Surveillez notre édition de septembre pour en savoir plus. D'ici là, nous vous rappelons que nous sommes en mesure de vous accompagner dans vos différents projets au niveau des approvisionnements. Pour ce faire, veuillez contacter M. Christian Tremblay au 418 387-2206 poste 2305 ou christian.tremblay@developpement-pme.qc.ca
Par Christian Tremblay B.A.A., Conseiller senior – Chaîne d’approvisionnement, Développement PME Chaudière-Appalaches, en collaboration avec M. Rod Sherkin, Président de Propurchaser.com